Que mangent les Carabes comme le Carabus auronitens ou le Carabus problematicus ?

Le Carabe à reflets d'or et le Carabe problématique : les vélociraptors des coléoptères.


Ces très beaux insectes sont assez communs lorsque l'on a la chance de résider à proximité de vastes étendues boisées et que la région n'est pas trop polluée par les pesticides. Dans le cas contraire, leurs populations sont souvent anéanties ou réduites à quelques espèces banales.

En automne ou en hiver, on peut les trouver facilement en se promenant dans les forêts. Pour les découvrir, il suffit de gratter la mousse des vieilles souches ou de soulever les pierres ou les écorces des arbres morts tombés à terre. L'été, on peut les apercevoir dans la journée lorsqu'ils arpentent le sous-bois à la recherche de proies. On peut alors les introduire dans un petit flacon de verre pour les observer. Il ne faut pas hésiter à se munir d'une petite loupe, car ce sont de véritables bijoux ambulants. Surtout, ne pas oublier de les libérer après observation, ce sont des insectes très utiles.

En effet, sous des dehors inoffensifs avec leurs reflets de boule de sapin de Noël, ces insectes sont de terribles prédateurs, des chasseurs impitoyables.

Et que mangent-ils au juste ?

Quelque chose de vraiment pas appétissant… à moins d'aimer la bave gluante. Car l'ordinaire du carabe est constitué de limaces visqueuses, d'escargots croustillants, de vers qui se tortillent de douleur sous les mandibules. Lorsqu'un jardin est victime des attaques voraces des mollusques comme les limaces, quelques carabes sont bien plus efficaces que n'importe quel produit chimique polluant, la beauté en plus. L'utilisation de produits «anti limaces» participe hélas à l'anéantissement de ces très utiles carabes du fait de l'empoisonnement de leurs proies par les pesticides.

Bien sûr, il n'est pas toujours possible de privilégier cette solution, car souvent, les carabes ont disparu du jardin depuis des décennies. On peut pourtant facilement proscrire l'emploi de ces produits nocifs en répandant autour des plantations des produits alternatifs non polluants, comme par exemple :

• La litière pour chat végétale (usagée), la sciure de bois, les copeaux de bois
• la cendre provenant d'un poêle à bois
• Le marc de café
• Des plantations de fenouil, de sauge, de thym qui les feront fuir.

On peut aussi piéger les limaces et escargots dans des récipients enterrés à moitié remplis de bière ou de vinaigre, mais c'est assez cruel...

Ne pas oublier non plus que les produits molluscicides sont tout aussi toxiques pour les lézards et pour les hérissons, qui eux aussi mangent les limaces.

La première photo représente le Carabus auronitens, que l'on peut confondre avec le Carabus auratus, (le Carabe doré ou Carabe des jardins). Ces deux carabes présentent la particularité d'avoir des côtes primaires très marquées, trois côtes par élytre. Carabus auronitens est un insecte très courant en forêt dans presque toute la France, quoique moins qu'autrefois. Son compère des champs, Carabus auratus, que l'on trouvait souvent jusque dans les années 1970 sous les pierres des jardins potagers, est malheureusement aujourd'hui en forte régression, sauf dans les endroits préservés de la pollution. Les produits anti-limaces sont - hélas - passés par là.
En bas, le Carabus problematicus, un carabe exclusivement forestier, reconnaissable à ses élytres discrètement «chagrinées», aux côtes primaires peu visibles, et à sa carapace au lustre bleu intense sur fond noir.
À savoir...

• Ces deux carabes, comme beaucoup de carabes français, mesurent approximativement trois cm de long.

• Lors de vos observations, prenez garde à ne pas les approcher trop près de votre visage, car ils projettent lorsqu'on les agresse un liquide défensif irritant pour les yeux, sans danger mais piquant : l'acide butyrique.

• Les insectes étant classés en «ordres», les coléoptères en constituent le plus important. On en connait plus de 400 000 espèces, et à eux seuls, ils représentent un bon tiers du monde animal. Le Scarabée sacré, le Lucane cerf-volant, la Coccinelle, le Carabe, le Dytique, le Doryphore comptent parmi les plus connus.

• Le mot «Coléoptère» a des origines grecques : Koleos = étui, Pteron = aile. En effet la première paire d'ailes, rigides, appelées «élytres», protège comme le couvercle d'une valise une deuxième paire d'ailes beaucoup plus fines, qui sont celles qui permettent à ces insectes de voler. Chez les carabes, ces ailes membraneuses sont toutefois atrophiées et ne servent plus à rien, car ces insectes sont exclusivement terrestres, à l'exception de quelques espèces.

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